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Malfaçon ou simple défaut de finition : comment faire la différence ?

Malfaçon ou simple défaut de finition : comment faire la différence ?

6 min

Rédaction :

L’équipe GCH45

Comprendre

Niveau à bulle et réglet posés sur un carrelage pour contrôler une différence de niveau entre deux carreaux

Un enduit un peu irrégulier, une porte qui frotte, un carrelage dont deux carreaux ne sont pas au même niveau. Faut-il s’en plaindre à l’entreprise, ou s’en accommoder ? Entre ce qui déplaît et ce qui est réellement mal fait, la frontière existe, et elle ne passe pas par le goût.

Cet article donne des repères pour qualifier un défaut. Il ne traite ni des recours, que vous trouverez dans l’article sur la mise en demeure et les garanties, ni du choix d’un expert, qui fait l’objet de cet autre article.

En bref

  • La DGCCRF définit la malfaçon comme un défaut ou une imperfection d’une construction résultant d’une mauvaise exécution, que l’on appelle aussi « désordre ».

  • Le service-public.fr parle de « défauts de réalisation dans les règles de l’art, mauvaise exécution ».

  • Trois références servent à juger un ouvrage : le devis signé, les règles de l’art (dont les DTU) et les prescriptions du fabricant.

  • Le bon critère de gravité est l’effet du défaut sur la solidité, la sécurité, l’étanchéité et l’usage, pas l’apparence seule.

  • Un défaut apparent doit être signalé à la réception, sinon il est considéré comme accepté.

Ce que recouvre le mot « malfaçon »

Dans la langue courante, « malfaçon » désigne tout travail jugé mauvais. Dans un litige, il faut être plus précis, parce que la réponse n’est pas la même selon la nature du défaut.

Défaut d’exécution

C’est le cas le plus courant : l’ouvrage a bien été réalisé, mais mal. Carrelage désaffleurant, pente de terrasse inversée, cloison hors d’aplomb, menuiserie mal calée, support mal préparé avant un enduit. La DGCCRF le résume ainsi : un défaut ou une imperfection résultant d’une mauvaise exécution.

Non-façon

Il s’agit d’une prestation prévue et facturée, mais pas réalisée : une couche d’isolant omise, un traitement de bois jamais appliqué, une étape de mise en œuvre sautée. La non-façon se prouve en comparant ce qui est visible, ou ce qu’un sondage révèle, avec ce que le devis annonce.

Non-conformité au devis

L’ouvrage peut être bien exécuté mais ne pas correspondre à ce qui a été commandé : autre matériau, épaisseur réduite, teinte différente, équipement remplacé sans accord. Le devis signé fait alors office de référence contractuelle. Un devis imprécis (« isolation des murs », sans épaisseur ni produit) rend la comparaison difficile : un argument pour le relire avant de signer.

Défaut esthétique ou désordre sérieux ?

Critères de gravité

Quatre questions permettent de situer un défaut :

  • Touche-t-il la solidité (structure, fixation, charge) ?

  • Touche-t-il la sécurité des occupants (garde-corps, conduit de fumée, installation électrique) ?

  • Compromet-il l’étanchéité ou l’isolation (infiltration, pont thermique) ?

  • Gêne-t-il l’usage normal (porte qui ne ferme pas, pente qui retient l’eau) ?

Si l’une des réponses est oui, il ne s’agit plus d’une question de goût. Si aucune ne l’est et que l’écart reste dans les tolérances, c’est un défaut d’aspect, qui peut décevoir sans être contestable.

Impact sur l’usage et la solidité

Un enduit légèrement ondulé sur un mur de garage est un défaut d’aspect. Le même enduit fissuré par un défaut de préparation, qui laisse passer l’eau, est un désordre. Le défaut visible est identique, l’enjeu est différent. C’est pourquoi un défaut doit être mesuré et situé avant d’être qualifié.

Le tableau compare trois situations proches.

Cas

Nature du défaut

Question à se poser

Enduit légèrement ondulé, dans les tolérances

Défaut d’aspect

L’usage est-il gêné ?

Enduit fissuré qui laisse passer l’eau

Désordre

Quelle est la cause : support, préparation ?

Prestation facturée, non réalisée

Non-façon

Que dit le devis ?

Autre matériau que celui commandé

Non-conformité au devis

Le devis est-il assez précis ?

Retenez surtout que l’apparence ne décide pas : c’est l’effet du défaut sur la solidité, la sécurité, l’étanchéité et l’usage.

Les règles de l’art et les DTU : à quoi se référer

Les « règles de l’art » désignent les pratiques admises par la profession pour réaliser correctement un ouvrage. Les DTU (documents techniques unifiés) en font partie : ce sont des textes de référence propres à chaque type de travaux, qui décrivent la mise en œuvre et les tolérances. Les prescriptions du fabricant s’y ajoutent pour les produits posés. Nous ne citons pas ici de numéro de DTU : le texte applicable dépend du type de travaux et de sa date, et un expert le vérifie sur pièces.

Autre point utile : un écart par rapport à une référence ne suffit pas toujours à faire un désordre. C’est la combinaison de l’écart, de sa gravité et de son effet qui compte.

Défauts apparents et défauts cachés

Un défaut apparent se voit à la réception. Service-public.fr précise que si vous ne signalez pas un désordre à la réception, il est considéré comme accepté, et vous ne pourrez plus demander au constructeur de le réparer au titre des garanties. En revanche, les défauts qui n’étaient pas visibles à la réception peuvent être couverts par une garantie selon leur nature.

La conséquence est pratique : avant de signer un procès-verbal de réception ou de payer un solde, regardez de près, avec un niveau, un réglet, de la lumière rasante, et notez vos réserves par écrit. Les défauts cachés se révèlent plus tard (infiltration, bruit, fissure), parfois après plusieurs saisons.

Comment constater objectivement un défaut

Relevés, photos, comparaison au devis

Une plainte pèse davantage quand elle est chiffrée et datée.

  • Photographiez chaque défaut avec un repère d’échelle, de près et de loin.

  • Mesurez : planéité, aplomb, pente, écart de niveau, longueur de fissure.

  • Notez la date, la pièce et les conditions (après la pluie, par temps sec).

  • Rapprochez chaque point du devis, des fiches techniques des produits et des échanges écrits avec l’entreprise.

  • Conservez devis, factures, photos du chantier en cours.

Qui juge qu’un ouvrage est conforme ? Entre vous et l’entreprise, personne, et c’est le problème. D’où l’intérêt d’un regard technique tiers, qui rattache chaque constat à une référence. À Orléans et dans le Loiret, nous faisons ce constat en visite sur place.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Qu’est-ce qu’une non-façon ?

Un enduit irrégulier est-il une malfaçon ?

Le devis fait-il foi ?

Qui juge qu’un travail est conforme ?

Rédaction

L’équipe GCH45

Cabinet d’expertise bâtiment, 15 ans d’expérience du terrain et du secteur du bâtiment. Basé à Olivet, le cabinet intervient à Orléans et dans le Loiret.

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